
Dans la tribune Zone Nordiques
Arizona, le retour? Sérieusement?
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Arizona, le retour? Sérieusement?
Il y a des idées qui méritent d’être débattues, et il y a celles qui sentent tellement mauvais qu’on se demande comment elles reviennent encore sur la table. Un retour des Coyotes en Arizona, après tout ce que ce marché a déjà démontré, appartient clairement à la deuxième catégorie. On parle d’une franchise qui a eu des années, des dizaines de millions, des propriétaires, des concessions, des délais, des secondes chances, puis encore des secondes chances, et qui a quand même fini par prouver l’évidence: ce marché n’a jamais été capable de supporter durablement une équipe de la LNH.
Le problème n’a jamais été une simple question de malchance. Le problème, c’est l’accumulation de signaux rouges. Une franchise qui s’installe en 1996 et qui, près de trois décennies plus tard, n’a toujours pas trouvé de stabilité sérieuse, ce n’est pas un projet temporairement en difficulté. C’est un échec structurel. Quand une organisation doit survivre à une faillite, à des années de contrôle par la ligue, à des déménagements d’urgence, à des histoires d’amphithéâtre inadéquat et à un manque chronique d’ancrage local, on ne parle plus d’un “cas particulier”. On parle d’un cas d’école.
Et pourtant, l’idée du retour ressort encore. Comme si le simple fait qu’Arizona soit un gros marché télévisuel suffisait à effacer l’histoire réelle. Sauf que le hockey professionnel ne se nourrit pas de fantasmes démographiques. Il se nourrit de billetterie, de stabilité, d’engagement local, d’une structure solide et d’un produit qui peut respirer normalement. L’Arizona a eu sa chance, et il l’a gaspillée de la plus spectaculaire des façons.
Ce qui rend la situation encore plus ridicule, c’est qu’on ne parle pas d’un marché injustement privé de succès sportif. Les Coyotes ont connu des saisons correctes, ils ont même remporté une division en 2012 et fait un vrai petit bout de chemin en séries cette année-là. Mais même ces rares moments de crédibilité sur la glace n’ont jamais réussi à réparer le reste. Le hockey, dans ce coin-là, a toujours ressemblé à une opération de survie plutôt qu’à une entreprise normale. Tu peux gagner quelques matchs, mais tu ne peux pas camoufler trente ans de problèmes de fond derrière une bonne séquence de six semaines.
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Le plus frappant, c’est l’ampleur du bricolage. Une franchise de LNH ne devrait pas passer autant d’années à se battre pour des installations dignes de ce nom. Elle ne devrait pas avoir à fonctionner comme une équipe en transit permanent. Elle ne devrait pas être contrainte de s’accrocher à des solutions temporaires, à des négociations interminables et à des plans qui changent plus vite que les espoirs des partisans. À un moment donné, l’entêtement cesse d’être une vertu. Il devient une blague.
Et quelle blague. Parce que le récit pro-Arizona repose toujours sur la même pirouette: “Oui, mais le marché est grand.” Bien sûr qu’il est grand. Et alors? Une ville peut être grosse sur la carte et catastrophique dans la réalité d’une ligue. Si la taille du marché était une garantie de succès, la LNH n’aurait jamais eu besoin de sauver, réorganiser puis finalement déplacer cette franchise. La vérité, c’est que la preuve a déjà été faite, et elle a été faite à répétition. L’idée n’a pas seulement échoué une fois. Elle a échoué assez souvent pour devenir embarrassante.
Le retour éventuel en Arizona serait donc moins un projet sportif qu’un pari nostalgique, presque idéologique. C’est le genre de projet qu’on vend avec des mots comme “potentiel”, “croissance” et “opportunité”, parce qu’on ne peut pas le vendre avec des résultats, une base stable ou une feuille de route crédible. C’est joli dans un communiqué. C’est gênant dans la vraie vie. On dirait une idée conçue par des gens qui aiment les courbes de population mais qui n’ont pas appris à lire l’histoire d’une franchise.
Et l’histoire des Coyotes est là, brutale, insistante, impossible à maquiller. Elle raconte un marché qui a reçu des années de patience et de financement, puis qui a quand même fini par être remplacé. Elle raconte une ligue qui a tenté de sauver un projet trop longtemps. Elle raconte un échec qui a été étiré jusqu’à l’absurde, comme si retarder la conclusion pouvait en changer la nature. Mais non: une mauvaise idée reste une mauvaise idée, même quand on la repeint en bleu et en argent.
Le plus ironique, c’est qu’on sait déjà comment ça finit. On le sait parce que ça s’est déjà terminé. Pas dans un grand élan de renaissance, pas dans un miracle commercial, pas dans une rédemption sportive, mais par un constat sec: après tout ce temps, le marché n’avait toujours pas passé le test. Et quand une ligue de cette taille décide que la meilleure façon d’avancer est de déplacer le club ailleurs, c’est rarement le prélude à un retour glorieux.
Alors oui, on peut toujours rêver d’un Arizona 2.0. On peut toujours s’accrocher à l’idée qu’avec un nouveau montage, un nouveau propriétaire, un nouvel aréna et un nouveau discours, tout deviendrait magiquement différent. Mais ce serait surtout ignorer ce que les chiffres, les années et le dossier complet ont déjà démontré. Le retour des Coyotes en Arizona ne serait pas un symbole de renaissance. Ce serait une répétition inutile d’un fiasco déjà connu.
Et le hockey, franchement, mérite mieux que de rejouer une pièce qui a déjà été sifflée par le réel.
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