
Dans la tribune Zone Nordiques
Les fefans du CH au centre Vidéotron pour les séries
Rex Paquette
20 h 06 · 4 vues
Québec se passionne encore pour le CH… faute de mieux
À Québec, on a trouvé une nouvelle façon de vivre l’ivresse des séries : se rassembler au Centre Vidéotron pour regarder le Canadien de Montréal. Oui, le Canadien. L’équipe que plusieurs aiment aimer, détester, commenter, supplier et défendre avec une ferveur quasi religieuse. Pendant ce temps, les partisans des Nordiques, eux, observent la scène avec le même mélange de frustration et de fatigue qu’on réserve habituellement aux mauvaises blagues qui durent trop longtemps.
Il faut quand même reconnaître une chose : Québec aime le hockey, et pas à moitié. Quand il se passe quelque chose d’un peu gros sur la planète LNH, la ville répond présente. Les billets partent, les écrans géants s’allument, les conversations montent d’un cran, et tout le monde se met à parler comme si le sort du monde dépendait d’un tir du poignet en avantage numérique. Sur ce plan-là, personne ne peut accuser Québec d’indifférence. Le problème, c’est plutôt que cette passion-là finit souvent par servir d’exutoire à une frustration beaucoup plus ancienne.
Parce que pour les nostalgiques des Nordiques, voir le Centre Vidéotron accueillir des fans du CH, c’est un peu comme être invité à une fête où tout le monde célèbre l’ex, alors que toi, tu attends encore le retour du vrai chum qui est parti sans trop d’explications. On appelle ça un événement communautaire, mais dans le fond, ça ressemble surtout à une consolation bien emballée. On se serre les coudes, on chante, on applaudit, et on fait semblant d’oublier qu’on rêve depuis des années de voir un club local fouler cette glace-là pour de vrai.
Le plus drôle, dans tout ça, c’est l’espèce de routine politique et sportive qui entoure chaque occasion du genre. Dès qu’il est question d’un rassemblement pour le Canadien à Québec, les mêmes débats ressortent : “preuve que la ville aime encore le hockey”, “preuve qu’un club y aurait sa place”, “preuve que le marché est vivant”. Très bien. Tout ça est probablement vrai. Mais à force de répéter que Québec est un grand marché de hockey, on finit par souligner surtout l’évidence : oui, il y a de la demande. Et non, il n’y a toujours pas d’équipe. Ce n’est pas exactement une victoire triomphale.
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Pour les partisans des Nordiques, la frustration ne vient pas seulement de l’absence d’une équipe. Elle vient du spectacle constant de cette absence. À chaque soirée du genre, on leur rappelle gentiment, ou pas si gentiment, qu’ils peuvent bien remplir une salle pour regarder le Canadien, mais qu’ils devront encore patienter avant de voir un vrai chandail bleu fleurdelisé en action dans un contexte qui compte vraiment. C’est un peu comme si on te servait un dessert délicieux en t’expliquant, avec un grand sourire, que le repas principal n’arrivera probablement jamais.
Et pourtant, il y a quelque chose d’assez révélateur dans cette situation. Le fait même qu’un match du Canadien puisse mobiliser autant d’attention au Centre Vidéotron prouve que la passion pour le hockey à Québec n’est pas le problème. Le problème, c’est l’objet de cette passion. On a le public, l’aréna, l’énergie, l’histoire et la mémoire collective. Ce qui manque, c’est l’équipe qui donnerait enfin un sens plus noble à tout ça que de se rassembler pour encourager les voisins de l’autre rive du fleuve.
On peut bien dire que c’est bon enfant, que c’est rassembleur, que c’est une belle soirée de sport. Et c’est probablement vrai. Mais pour ceux qui n’ont jamais digéré le départ des Nordiques, ou qui ont grandi avec l’idée qu’un retour finirait bien par se produire un jour, l’image reste un peu douloureuse. Québec n’a pas besoin qu’on lui explique qu’elle aime le hockey. Elle l’a déjà prouvé mille fois. Ce qu’elle aimerait surtout, c’est qu’on cesse de lui demander de célébrer le succès des autres comme si c’était une récompense suffisante.
Alors oui, le Centre Vidéotron va vibrer. Oui, les fans vont crier. Oui, le Canadien va occuper le centre de l’attention. Mais derrière les applaudissements, il restera cette petite pointe d’ironie bien québécoise : encore une fois, on remplit l’amphithéâtre pour une équipe qui n’est pas la nôtre. À force, la frustration devient presque un sport national.
Et c’est peut-être ça, la vraie histoire derrière cette soirée-là. Pas seulement un match diffusé sur grand écran, mais le rappel assez cruel qu’à Québec, on sait encore très bien faire la fête autour du hockey… même quand ce hockey-là appartient à quelqu’un d’autre.
Article rédigé avec l'assistance d'une intelligence artificielle et révisé par l'équipe éditoriale.
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